Les Saisons de Lili : Épisode 9

9.


© 2020 : Anne Vassivière

Jeudi 11 mars 1982
6 heures du matin et des brouettes, de toute façon on s’en fiche

Toute la nuit j’ai cherché son nom dans l’annuaire de mon département (je vais finir par le savoir par cœur !) parce que j’ai son numéro de téléphone mais je voudrais savoir où il habite (pour lui envoyer des lettres). J’ai donc épluché le bottin mais la seule conclusion à laquelle je suis arrivée, c’est que Daniel N’EST PAS dans l’annuaire. J’ai trouvé beaucoup de gens avec son nom de famille, mais aucun avec son prénom. Ma meilleure amie pense qu’il est sur liste rouge, comme le prof de gym que sa grande sœur déteste au lycée. Il a fini par s’inscrire sur cette liste parce que la grande sœur et des copines à elle lui passaient des coups de fils anonymes, surtout la nuit. Et aussi parfois le dimanche matin quand elles mettaient leur réveil à sonner super tôt pour être sûres de bien l’emmerder.
Bref, aucun résultat positif. Y en a marre. J’en ai marre de la vie. Peut-être que si j’étais au bar Le Bon Accueil 24 heures sur 24, j’aurais une chance de l’y voir étant donné qu’en ce moment il fait un truc temporaire pour l’usine du coin, genre du travail je crois. De toute façon j’ai décidé d’oser aller au bar plus souvent. Avec ma meilleure amie de préférence uniquement. De toute façon j’en ai marre de mes connards de parents. C’en est vraiment trop. Je ne peux plus les supporter et ma meilleure amie est la seule au monde à comprendre ça. D’ailleurs, à ce propos, très cher Journal, récapitulons ce qui m’est interdit de faire :
1- Interdit d’aller passer le week-end chez ma meilleure amie sous prétexte qu’elle ne vient pas souvent à la maison et que c’est à son tour de venir. Je vais devoir tenir un registre ou quoi ?! J’y ferai une barre pour les fois où je vais chez elle et une croix pour les fois où elle vient chez moi. Ce sera pratique et je ne pourrai pas tricher parce que, comme sur mon carnet de notes scolaires, mes parents détestés signeront en bas des pages et l’affaire sera réglée. Non mais faut pas exagérer, tu vois comme ils sont cons, cher Journal ?!?! Aujourd’hui j’en suis malheureusement convaincue : mes parents sont les plus nazes des plus nazes !
2- Deuxième interdit formel : la dernière fois que je suis allée au théâtre à l’ancienne halle aux grains, ma mère était grippée et n’a pas pu m’y accompagner. Cette conne a donc demandé à un ami des parents si il y allait. Et voilà le deuxième interdit formel et débile : comme l’ami en question y allait avec sa fifille maniérée, j’y suis allée avec eux mais je n’ai pas eu le droit de sortir de la salle à l’entre-acte ! Les parents ont ajouté « Si on t’enlevait, il serait très embêté, Monsieur Marc ! » Tu entends ça, Journal ? Je les déteste, je les déteste !!!
3- Troisième interdiction débilos : interdit de faire brûler de l’encens dans ma chambre. Ça fait déjà deux-trois ans au moins que j’en mets, et voilà qu’un beau matin de merde, mon con de père débarque et sous prétexte d’un danger d’incendie, il m’interdit d’en faire brûler !! Comme s’il venait juste de s’en apercevoir, que j’en faisais brûler ! Incroyable ! Et ses saloperies de cigarettes ? Elles puent pas, dans la bagnole et dans la maison ?! Et en plus on n’a même pas le droit d’ouvrir les fenêtres de la R 16 parce que ça fait trop d’air !
4- Dernière interdiction criminelle : je n’ai plus le droit de peindre sur les vitres de ma chambre ! En plus, c’est que de la peinture à l’eau, ça craint rien !! Faut absolument que je m’arrache rapidos de cette taule infecte. J’ai les parents les plus craignos de la terre, laisse tomber…

Parfois, je regarde la nuit par la fenêtre de ma chambre. Je vois les lumières des feux du carrefour et je m’imagine que je suis la seule survivante sur la terre.

Vendredi 12 mars 1982
7 heures du matin

Cette nuit j’ai rêvé de Daniel, le plus beau nom de la terre. Le moment délicieux que j’ai passé avec lui était merveilleux et durera encore longtemps, même s’il ne m’a pas encore appelée. Car après leur mort, les étoiles scintillent pendant des éternités.

Samedi 13 mars 1982
2 heures de l’après-midi (mais je me demande si ma montre n’est pas déglinguée parce que ça fait un petit moment que c’est 2 heures de l’après-midi.)

J’aimerais tellement revoir mon beau Daniel, ça fait exactement une semaine qu’on s’est rencontrés : j’arrive pas à y croire, comme le temps passe vite ! En tout cas maintenant j’ai retenu la leçon, suite à ce qu’il m’a dit par rapport au fait qu’il croyait que j’étais une bêcheuse : il ne faut pas juger les gens. Je me souviendrai toujours que c’est grâce à mon beau Daniel que je l’ai appris. (Ça serait bien si les connards de parents le comprenaient aussi ! Et pareil pour ces cons de profs fachos du collège !)

Dimanche 14 mars 1982
5 heures de l’après-midi (ma montre s’était vraiment arrêtée, tout à l’heure. Je suis sûre que c’est parce que j’attends tellement fort que ça fait s’arrêter le temps comme par magie) (Mais heureusement qu’elle n’est pas cassée, j’avais juste oublié de la remonter : je suis tellement ailleurs dans ma tête avec Daniel que si il y avait pas les parents pour me forcer à manger, j’oublierais complètement qu’il faut se nourrir d’autre chose que de Daniel.)
J’aimerais tellement retrouver Daniel ce soir dans mes rêves. Je ne sais pas ce que je donnerais pour lui. En fait je donnerais tout pour lui. Je voudrais tellement l’embrasser.
Pour le moment je suis sortie avec : Franck, Stéphane, Momo et Patrick (mais c’était juste pour tenir compagnie à ma meilleure amie pendant qu’elle sortait avec Didier, son ancien amoureux du camping que ses parents tiennent l’été et qui a déménagé). Pour le moment, sortir ça veut dire qu’on s’est embrassés quelques fois sur la bouche et sans la langue et c’est tout. Pour le moment, sortir avec quelqu’un, ça veut juste dire rouler une pelle mais moi j’aime pas cette expression, je la trouve vachement vulgaire.

Lundi 15 mars 1982
Je m’en tape, de l’heure. Désolé, Journal.

J’adore toujours mon beau Daniel et s’il voulait de moi je me donnerai à lui mais j’ai toujours pas de nouvelles.
Encore lundi 15 mars 1982
Minuit, l’heure du crime et de la Salsa du démon du Grand Orchestre du Splendid. Horreur, malheur, je craque !
2 heures du matin ! Du coup c’est Mardi 16 mars 1982 ! Le temps passe tellement vite ! Et aussi tellement pas vite !
J’arrête là mes délires qui deviennent de plus en plus fous mais secrètement souhaités autant que chéris, car cela devient dangereux… Le sommeil me gagne… Je ne lui résisterai pas plus, ni à lui, ni à cette envie dingue de rêver de l’amour avec le beau Daniel…
En tout cas, à la soirée de vendredi où on est invités (moi, la petite sœur et les parents) si il y a Serge (le fil des amis de mes parents qui est amoureux de moi depuis des années) et qu’il veut sortir avec moi pour le soir de la soirée, je le ferai. J’ai envie que quelque chose se passe vraiment. Je veux dire pour de vrai.

Mercredi 17 mars 1982
C’est l’heure d’aller me faire chier au collège alors que dans ma tête je suis (au moins) au niveau de maturité du lycée…dur dur…
En plus je me suis réveillée avant d’avoir eu le temps de rêver de Daniel. C’est naze.

Samedi 20 mars 1982
M’en fiche de l’heure !

Moi qui ne pensais plus du tout à lui depuis un jour parce que depuis hier je sors avec Serge, je l’ai vu cette nuit dans mon rêve, le beau Daniel ! Il est toujours là quelque part. Il est tellement super.

Mardi 23 mars 1982
5 heures du matin, putain je vais même pas réussir à me rendormir avant que ma mère vienne me réveiller pour aller en classe parce que cette nuit encore je le vis et nous sommes repartis pour le pays merveilleux de l’amour et que depuis, je suis avec lui, Daniel. (J’ai eu l’occasion de voir des photos du mariage, mais il était tout le temps de dos, c’est extra naze.)

Mercredi 24 mars 1982
6 heures 25 de l’après-midi

Moi qui ne pensais plus à Daniel, j’en suis à nouveau hantée. Je voudrais tant le revoir. Partout dans la rue, je guette, je veille, j’attends mais je ne veux faire aucune démarche, je veux que ce soit lui. (ou alors que nous nous rencontrions et que ce soit pour moi le hasard tant souhaité ) (Ou alors que Daniel soit mon beau-père, comme dans le film. Ohlala, oui, comme dans le film, ça serait super, tellement super ! Je serais sa Marion et il serait mon Rémi !)
Ça avait pourtant bien commencé, cette histoire, comme dans un film ou un roman. Mais pour l’instant il n’y a plus aucune action, ça stagne misérablement et moi j’en ai marre que rien ne se passe.
Serge, il m’aime, mais pas moi. Je n’ai pas beaucoup de sentiments à son égard à part celui qu’il m’aime. Il est un peu nul, il m’embrasse même pas avec la langue. D’ailleurs personne ne m’a encore embrassée avec la langue. Remarque, cher Journal, je suis pas sûre de vouloir que Serge me mette sa langue dans la bouche. Il y en a qu’un et un seul, que je voudrais qu’il me fasse ça…inutile de te dire qui c’est, Cher Journal !

Vendredi 26 mars 1982
11 heures du soir, pas d’espoir

Ça fait pile poil une semaine tout rond que je sors avec Serge. C’est dingue comme le temps passe pas du tout vite.
Il y a quelques nuits, j’ai rêvé que Daniel me faisait l’amour. L’amour ! Carrément !!
En ville j’ai vu un drôle de mec. La première fois, c’était hier (Jeudi 25) : j’étais allé acheter Candide à la librairie et quand je suis sortie pour retrouver ma mère qui achetait une fermeture éclair à la mercerie, j’ai vu un mec devant le magasin de chaussures (en face). Je l’ai remarqué parce qu’il était frisé et moustachu (avec des cheveux gris) (pourtant il paraissait jeune sous ses dehors). Il avait un futal foncé serré dans des bottes, et une immense veste noire en poil de quelque chose. Je ne sais pas ce que c’était exactement, mais le fait est que je l’ai remarqué et lui aussi. J’ai tout de suite pensé que ça pouvait être Daniel (un peu déguisé pour ne pas attirer l’attention de mes parents). J’aurais tant aimé que ce soit lui, que ça devenait presque lui. Pendant que je suis rentrée dans la boutique pour rejoindre ma mère, lui, il s’est arrêté devant la vitrine d’en face. Je suis sûre que c’était pour me regarder. Et puis on est parties, avec ma mère. Je l’ai regardé jusqu’à le perdre de vue et maintenant, plus je le vois dans ma tête plus je suis sûre que c’est Daniel.
Et puis tout à l’heure quand je sortais du collège et que je commençais à remonter à la maison à pied et pas en vélo pour une fois, je l’ai vu et il m’a suivie pendant au moins dix minutes ou plus. Oui, pendant peut-être plus que dix. Pendant au moins quinze minutes. Et ça, c’est vraiment la confirmation que c’était lui incognito. J’étais folle d’émotion et je me suis retournée au moins 1000 fois pour voir s’il était toujours derrière moi. En rentrant chez les parents, j’ai tiré le fil du téléphone à donf et j’ai bigophoné ma meilleure amie immédiatement : elle m’a dit que oui, que c’est tout à fait possible, que peut-être c’était vraiment lui et que comme ça faisait longtemps sans nouvelles, il se cachait un peu parce qu’il avait honte de ne pas s’être manifesté avant. Je lui ai demandé si elle pouvait lui téléphoner pour moi mais ça lui plait pas trop, comme idée. J’étais super vénère qu’elle refuse parce que avec sa méchante grande sœur elles ont déjà fait ça plein de fois pour des occasions vraiment beaucoup moins exceptionnelles que mon histoire avec Daniel. Mais bon, j’ai rien dit vu que c’est quand même ma seule meilleure amie. Alors finalement on a décidé que la prochaine fois que je vois l’homme en ville, c’est moi qui vais le suivre.

Samedi 03 avril 1982

C’était pas Daniel, le mec en ville.
J’ai même pas eu à le suivre, je suis tombée nez à nez avec lui en faisant les commissions avec ma mère. J’en ai vraiment marre de tout. En plus, avec ma meilleure amie, on a appelé plusieurs fois d’une cabine le numéro qu’il m’avait donné et ça répond jamais, ça sonne toujours dans le vide. Du coup j’ai quitté Serge. De toute façon on s’était vu que trois fois et il ose même pas mettre la langue et de toute façon je veux pas qu’il la mette. Je laisse bêton : l’amour c’est trop la galère de toute façon. Et j’ai même pas le cœur à l’avoir grenadine. Pas d’soleil, sur ma peau ouô ouô ouôôô…Le mot du jour est : DESESPOIRRRR…

Dimanche 04 avril 1982

Le mot du jour est : STOP ! J’arrête d’écrire. De toute façon il m’arrive rien d’intéressant et de toute façon j’ai perdu tout mon style, avec l’histoire d’amour avec Daniel.

Samedi 22 mai 1982
17 heures

J’ai décidé de réessayer d’écrire mais en fait il n’y a rien à raconter (rien qui risque d’intéresser qui que ce soit). Ma cousine, elle, elle a un vrai problème grave et elle aurait des tas de raisons d’écrire (même un bouquin !) parce qu’elle vit vraiment quelque chose de spécial avec son anorexie (même si c’est pas quelque chose qu’on peut qualifier d’enviable). Je comprends pas trop comment c’est possible parce qu’elle adore cuisiner. Il parait que c’est un truc mental. Pourtant elle a toujours pu faire tout ce qu’elle voulait, elle, dans la vie, même les super cours de danse classique dans le bel immeuble à côté du parc. Je comprends vraiment pas. Maintenant, il paraitrait qu’elle peut presque plus rien faire, comme activité, parce qu’elle est trop faible. C’est comme si elle avait plus de force pour continuer sa vie. C’est super grave ce qui lui arrive, et là ça lui sert plus à rien qu’elle ait eu une encyclopédie Universalis et pas moi. Mais quand on glande comme moi durant toutes ses journées, on a l’impression dégueulasse de gaspiller du papier, de l’encre et du temps. Je suis tellement seule. Et en même temps, parfois j’ai l’impression d’être à plusieurs. (Ne t’inquiète pas, Journal, je SUIS pas plusieurs, juste une impression un peu bizarre.) Des fois je me demande si tout le monde sent ça mais j’ose pas poser la question. J’ai pas envie que les gens me regardent bizarrement, même ma meilleure amie. Ma vie est nulle et je suis nulle mais les gens ont même pas l’air de s’en apercevoir, c’est dingue… Si j’avais une sœur du même âge que moi, au moins on pourrait faire des trucs, dans notre vie. Ma cousine, elle pourrait être comme une sœur de mon âge, mais franchement elle est trop prétentieuse (sauf quand elle est malade, bien sûr).

Mardi 15 juin 1982
19 heures

Ça fait trois mois et cinq jours que je n’ai plus de nouvelles du vrai Daniel. Je crois que c’est râpé pour moi, l’amour.

Vendredi 02 juillet 1982, j’ai enfin 15 ans et en plus c’est les vacances !!
Ma mère et ma petite sœur m’ont fait un gâteau d’anniversaire et elles m’ont offert une belle barrette et une très très belle robe indienne bleue, et mon père, un bon pour aller chez la coiffeuse me faire gaufrer les cheveux quand je veux ! Et ma tata et ma cousine sont passées à la maison pour m’offrir une encyclopédie en 4 tomes sur la peinture (wouawww !) Et Cathy m’a amenée au cinéma ! J’y étais pas allée depuis Bernard et Bianca quand j’étais petite avec ma tata et ma cousine ! On a vu un truc SU-PER qui va me rendre malade pendant au moins une semaine, j’en suis sûre. Ça s’appelle Passion d’amour, c’est super triste et c’est le plus beau film de ma vie !!

Dimanche 04 juillet 1982
23 heures

Aujourd’hui avec Cathy, on est parties faire un grand tour en vélo sur les chemins au-dessus de notre petite ville. Les parents ont dit oui et j’étais tellement heureuse que ça me donnait des ailes aux pédales. D’ailleurs, aucune côte ne m’a arrêtée et je n’ai pas posé le pied par terre. Et puis sur ce parcours il y a aussi des grandes descentes qui font du bien et qui font presque s’envoler le t-shirt. Ça rafraichit le corps encore tout chaud et trempé par l’effort de la grimpette d’avant. Et puis un truc bon au corps aussi, c’est la vitesse et le faux vent dans les cheveux qui volent, animant l’ombre de l’homme sur sa petite machine. Je veux dire la femme. La fille. La personne, quoi. Que c’est bon, cette sensation d’avoir la nuque et le cou nus, le visage dégagé, les cheveux longs dans le vent ! (Même si c’est dans des grandes couettes.) J’aime les perpétuelles descentes, ou mieux encore, les montées et les descentes qui se succèdent. Moi, j’ai horreur des chemins plats, on s’y ennuie à mourir : le mouvement n’est pas agréable et l’effort n’existe pas vraiment (je parle de l’effort physique) (de sentir son corps.) (Par contre, j’avais osé mettre un short pour enfin bronzer des jambes mais ça n’a pas marché du tout, je suis toute cramée et je sais bien ce qui va se passer après, ça va peler et rien d’autre.)
C’était vraiment un super week-end d’anniversaire !!!!!!!!!!!!!!! (J’ai mis 15 » ! » parce que ça y est, j’ai vraiment 15 ans (c’est dingue, j’en reviens pas d’être enfin vraiment grande) et à la rentrée prochaine, je vais ENFIN aller au lycée !)
A partir de maintenant je décide qu’il faut qu’il se passe plein de trucs dans ma vie. IL FAUT ABSOLUMENT QU’IL SE PASSE PLEIN DE TRUCS DANS MA VIE !

Au feu, les pompiers,
Y a la maison qui brûle !
Au feu, les pompiers,
V’là la maison brûlée !
C’est pas moi qui l’ai brûlée,
C’est la cuisinière,

C’est pas moi qui l’ai brûlée,
C’est le cuisinier.
Au feu, les pompiers,
Y a la maison qui brûle !
Au feu, les pompiers,
V’là la maison brûlée !

A suivre…

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