Tout à l’heure je suis allée aux funérailles de Catherine Ringer parce que j’étais trop triste pour me concentrer sur mon travail, je pensais à elle, à ce jour où son corps allait rejoindre feu son grand amour. Comme j’habite à 20 minutes du cimetière de Montmartre, j’ai sauté dans le métro.
Derrière le corbillard roulant jusqu’au tombeau de Fred Chichin ( « moitié des Rita Mitsouko », ainsi que gravé sur la stèle), Raoul Chichin et le Family Affair jouaient l’air de Marcia Baïla avec 3 guitares acoustiques. La famille et les proches sont arrivés sur ces notes et le ton était donné pour toute la cérémonie : simple et musicale.
Beaucoup de petits-enfants et de jeunes gens. Un des petits s’est fièrement écrié « J’ai trouvé la tombe! »
Il aura entendu parler de ce grand-père sans l’avoir connu. Puis une jeune amie a parlé de son amitié avec Catherine Ringer, les termes qu’elle a utilisés, étrangement mais pas étonnement, on aurait pu les dire sans avoir connu Catherine personnellement tant nous sentions exactement la même chose : un modèle de femme qui nous a aidées à ne pas être lisses, à rester droites et avoir le regard espiègle. À ne pas se résigner, à arrêter d’être polies et ce que l’on attend de nous. Elle qui a transformé la douleur en puissance, nous a montré un chemin différent de celui de nos mères.
Pour Julien Cendres et Anik Dubeuf qui n’ont pas pu se rendre aux funérailles.
Photo choisie par ses enfants pour la cérémonie.

