Chaque soir un Lear différent sans que le public sache à l’avance qui jouera pour lui. Hier soir, c’était pour moi comme attraper le pompon du manège quand j’étais enfant : surprise, Mathieu Amalric était le 139ème acteur à accepter le défi de se laisser complètement guider par la metteuse en scène Andrea Jimenez et son complice le souffleur Matthieu Luro.
Texte et indications scéniques arrivaient à Amalric par le biais d’une oreillette. Le propos ? Mettre en parallèle l’histoire personnelle d’Andrea que son père a répudiée lorsqu’elle s’est lancée dans le théâtre, et l’histoire de Lear et Cordellia.
Un dispositif troublant qui interroge sur les rapports père/ fille, le théâtre et surtout, le pardon. Andrea Jimenez tente de comprendre Lear pour comprendre et pardonner son père.
Fort, car la vulnérabilité change de camp et cela amène le public à se questionner aussi en profondeur. Bravo à Mathieu Amalric d’avoir ainsi aveuglement donné sa confiance à une toute jeune metteuse en scène qui a su le bousculer avec tendresse comme on peut le faire avec un père. Il y a eu des moments d’abandon, de gène, de choix et de grande pudeur qu’Amalric a partagés avec modestie. Merci à lui.




