Poissons, papillons, plumes, paillettes et… pudeur

La plupart de mes bons camarades ont récemment découvert un travail que je montre peu, ma peinture.
Qu’est-ce qui m’avait jusqu’à présent retenue de montrer largement les fruits de cet aspect de ma création, moi qui ne craint pas d’écrire l’humain jusqu’au noyau de sa chair ?

La pudeur.

J’ai constaté que même mes textes les plus crus ne me dénudent pas autant que pinceaux et couleurs. L’auteure de polars n’a tué personne, l’autrice de textes érotiques n’a pas expérimenté tout ce qu’elle évoque, la peintre, elle, est passée par tous les états d’ombre et de lumière qu’elle couche sur la toile.

Qu’elles figurent des visages ou non, toutes mes peintures sont des portraits qui me dévoilent en plumes, papiers de soie, dentelles et dorés. Je n’ai jamais été douée pour la réalité. Ce que je laisserai de message à mes enfants sera toujours plus fort dans une peinture que dans le regard d’une photographie, c’est là que je me livre le plus car je n’y maitrise aucune réserve. Chaque peinture est un dernier message, chaque touche est impérative et ne sait pas tricher. Je peux feindre en portrait, prendre un air grave, inspiré ou léger, mais force est de constater que je m’incline en peinture devant l’inconditionnel. Que je ne sais rien en fuir. Aucune de mes toiles n’est aboutie, elles sont donc toutes à mon image et je dois en accepter la fragilité.

La peinture est mon lieu privilégié de grand vertige et je lui fais une confiance absolue, elle me connait mieux que quiconque, mieux que moi-même. Elle est ma plus belle confidence, mon ultime aveu sans cesse renouvelé.

Mes toiles sont trop pleines, pas assez sobres, pas suffisamment structurées ? Sans doute, oui. Oui, c’est certain. Je ne sais pas faire autrement que remplir ce qui m’est donné de vie, jusqu’à ce que ça déborde. Le désir ne se plait pas au tri. Adolescente, j’allais au bord de la rivière pour essayer d’en capter les flots, c’est l’idée que je me faisais du peintre : quelqu’un qui attrape la vie et la pose sur une toile. Je peignais aussi sur les vitres des fenêtres de ma chambre. Quand j’étais lassée de ces formes de fleurs et d’archanges, j’effaçais et créais de nouveaux vitraux naïfs.
J’ai aujourd’hui peu d’idée préconçue de ce que je veux inviter sur la toile, outre la sincérité de l’élan. Je laisse venir équilibres et déséquilibres. La peinture est réussie si elle me fait traverser une multitude de strates en même temps. Si je ne sais plus exactement où je suis, dans l’eau, dans l’air ou sur la terre. Dans le visible ou l’invisible. En moi ou au-dehors. Partout. Les supports ronds ou ovales m’appellent particulièrement : ce sont des portes grandes ouvertes. Mais je n’en fais pas de portraits explicites, comme il serait attendu. J’y invite d’autres royaumes. Contrairement aux toiles carrées et rectangulaires, les rondes et ovales n’ont pas besoin d’être brusquées pour accoucher.
« Viens dans mon cocon, me disent-elles, j’essaime des ventres pleins, j’accouche d’œufs de lumière, d’ovales de couleur. Viens dans la ronde avec moi, tout est courbe dans nos corps. Trop d’angles de mort dans le monde au-dehors. Le globe terrestre me porte comme je te porte comme tu me portes. Comme il nous porte, petits et grands. »

Une toile peut être retouchée et complétée des années durant. L’œil attentif y verra toutes les strates de mon existence jusqu’au présent. Qu’elles datent d’aujourd’hui, d’hier ou d’avant-hier, elles dévoilent toutes mes mues. Elles racontent ma naissance, la petite fille que j’étais, l’adolescente, la mère, l’amante, l’amie. Sans doute révèlent-elles aussi qui je serai à ma mort.

Fille de fusion et de profusion, je cherche dans la peinture l’éclat du premier rire d’enfant, le suc des fleurs et l’élan des légendes. J’en éclabousse les regards pour qu’ils ne se fanent jamais. Amoureuse de tout ce qui porte aile, c’est avec du ciel plein les bras que je peins des chapelles d’herbes, d’air et d’eau qui coure. La couleur est ma prière. C’est une joie pleine, forte et fragile.
Je réponds à la vie et à la mort par la profusion, mes toiles libèrent le cheval au galop qui habite ma poitrine, elles changent en fonction de la lumière et évoluent au gré du jour. Dorés, argentés, cuivrés, touches brillantes, plumes, collages et paillettes les font vibrer différemment tout au long de la journée. Elles respirent, elles sont vivantes et souvent aussi naïves que moi.

« J’aime ta façon naïve. » me dit l’ami poète Eric Poindron.

Les personnes qui me connaissent mieux que moi-même sont mes enfants, mes toiles et mes compagnes/compagnons les plus sincèrement oiseaux.

Merci à celles et ceux qui ont accueilli cet aveu d’une semaine à la Galerie Le bonheur est dans l’instant. Et qui m’ont écrit…

« J’ai découvert une nouvelle nuance dans la palette d’Anne Vassivière. Sa plume est agile, et en plus, elle peint. Ses toiles sont des mondes foisonnants où tout se combine en explosions de couleurs, de textures, avec une composante commune : la touche solaire qui existe dans toutes ses créations. »
« Après la rondeur des mots, la lumière des êtres, voici la calligraphie de l’âme. Merci d’ouvrir ces portes pour nous. »
« Un hommage à la vie ! A toutes les vies lumineuses que nous sommes ! »
« Un bel endroit, de belles œuvres, de belles personnes dont toi. Tu sais réunir et réussir cela. »
« Il est des instants suspendus qui comptent, et celui-là en fait partie ! »
« Anne, ton cœur est coloriste, solaire ! »
« Le talent et la gaité. »
« Lumineuse, inventive, imaginative exposition d’Anne Vassivière. Couleurs, matière, formes, tout étonne et séduit ! »
« Explosion de couleurs et de partage. »
« Comme un vol de luciole… »
« Tes tableaux te ressemblent, ils sont beaux à tomber. »
« Pétillantes toiles de la dame à la poésie contagieuse. »
« Explosion de couleurs et foisonnement de mille détails ! J’adore ! Très belles œuvres…coup de cœur ! »
« Travail riche ! Magnifique ! »
« Lumière, couleurs, effervescences, et puis…Toi. »
« Moment magique. »
« Les compositions d’Anne, comme son écriture, provoquent des émotions sans pareil. »
« Très lumineux, très subtil. »
« A la fois de l’inédit, finement créatif, et du familier où on retrouve quelque chose de toi, sans doute une lumière, des étincelles. »
« C’est splendide, vraiment ! »
« Energie généreuse et précise, aux 1000 envols et reflets à chaque instant. »
« Nous sommes entrainés dans des paysages abstraits et énigmatiques dont Anne garde le secret. »
« Exposition enchanteresse. »
« Merci pour ce moment intense, j’en ai pris plein les yeux, Poissons, Papillons, Plumes, Paillettes. Je m’en souviendrai, je chercherai cette signature intemporelle. »
« Quel travail magnifique, quel bel ensemble ! »
« Anne, ensorceleuse aux doigts de fée. »
« Je connaissais Anne Vassivière en tant qu’autrice, je viens de la découvrir artiste-peintre. Joie de vivre, légèreté, printemps et rêve en peinture ! »
« Comme c’est beau ! »
« Les unes nous câlinent, les autres nous transportent. Merci pour ce voyage féérique. Longue vie à l’art et bravo ! »
« Les toiles d’Anne nous plongent dans un répertoire singulier, des compositions dont la facture n’appartient qu’à elle. »
« Ces toiles sont une invitation à la rêverie. »
« Revenir aux fondamentaux, la tête pleine des couleurs posées sur ses toiles par Anne Vassivière. »
« Cette exposition est un enchantement. »

Un commentaire

  1. Lefourb' dit :

    La Maison de campagne et là ou les gens se baignent, tellement ce que l’on a tous plus ou moins vécu au moins une fois dans la vie… Ou envie de Re//Vivre.
    Au plaisir

    Aimé par 1 personne

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