Faire-part de naissance.

La librairie A la ligne est née !
Elle est arrivée le 20 mai 2021, elle pèse 80 000 ouvrages et mesure 80m2.
Mathilde Bonizec et Dominique Bernadé sont les parents les plus heureux du monde,
son parrain Joseph Ponthus Le Gurun veille sur elle.

Pour être sa bonne fée, venez au 11 rue Nayel ou place Paul-Bert, à Lorient !

L’ouverture d’une librairie indépendante est toujours une immense joie,
on s’y rend avec l’empressement respectueux des premières fois,
Un peu sur la pointe des pieds.
On pousse la porte avec respect, mais à l’intérieur, on est excité comme devant une nouvelle bonbonnière.
Une librairie indépendante, c’est le contraire d’une maison témoin,
ça a un cœur qui bat, celui du ou de la libraire qui nous y invite.

Quand je rentre dans une librairie que je ne connais pas encore, mon appétit est plus que neuf, il est renouvelé,
j’ai la certitude que je vais trouver des ouvrages qu’il n’y a nulle part ailleurs.
C’est un espace étrange, mais jamais étranger.
Il en est de même pour les librairies qui furent mais ne sont plus. Elles demeurent dans nos esprits, espaces revenants et pages spectres qui ne peuvent pas mourir.

Ma librairie fantôme est celle qui nichait au pied de la cathédrale de Clermont-Ferrand en haut de la rue des Gras, perspective de lave reliant la flèche de la cathédrale à la celle du sommet du Puy-De-Dôme.
La librairie Rome.
Une petite librairie avec un grand cœur.
Je m’y rends quand je voyage en aventures étudiantes passées. Elle n’a jamais fermé que dans la réalité. Autant dire qu’elle existe maintenant plus sûrement que jamais.
Jean Rome était déjà hors du temps, pourquoi le serait-il maintenant moins ou davantage qu’avant ?
Graine d’ananar, très cultivé, libre d’esprit, c’était un passeur, un éveilleur.
Quand on entrait dans sa boutique, il levait le nez de son livre, il nous reconnaissait sans rien dire, on se mettait à farfouiller et tout à coup on entendait : « J’ai quelque chose pour vous. »
On repartait avec le recueil qu’on espérait sans le savoir.
Il était doux mais il m’impressionnait beaucoup.

Joseph Ponthus Le Gurun aussi, était doux et m’a impressionnée.
Un géant touchant de fraternité et de courage, comme son « livre qui est à Krystel et lui doit tout ».
Il a eu l’élégance et la générosité de nous parler de ceux que personne ne veut plus voir, et auxquels il dédie son écrit.

« Aux prolétaires de tous les pays
aux illettrés et aux sans dents
avec lesquels j’ai tant appris ri souffert et travaillé. »

J’aurais aimé que mon grand-père lise cet ouvrage, il y aurait reconnu un frère de labeur et de conscience politique, lui qui était mineur de fond.
Joseph n’est pas un bourgeois qui écrit sur les ouvriers.

« Il y a Pontus de Tyard qui est mon ancêtre et dont
Deux vers s’accordent si bien avec ces feuillets
D’usine
« Qu’incessamment en toute humilité
Ma langue honore et mon esprit contemple. »
»

Son livre A la ligne est devenu librairie.

« Il y a qu’il n’y aura jamais
De
Point final
A la ligne. »

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